sábado, 3 de marzo de 2018

Amantes de mis cuentos: Mi casa es... (Versión francesa)

 




Ma maison est…

Il fait déjà beaucoup, beaucoup d'années, près de soixante, mon foyer était le lit de mes parents: je me glissais entre les deux et j’étais l'enfant le plus heureux en me blottissant entre eux. Je m'endormais après avoir reçu un gros baiser de ma mère et que mon père m’ait tiré des oreilles. Plus tard ce fut les bras de ma femme, jusqu'à ce qu'elle m'ait écarté avec dédain et s’en est allée avec un autre. Je n'étais pas fertile et elle désirait être mèrea commenta-t-elle. Alors je me soulageais avec l'oreiller en pensant que grâce à mon travail j’ avais un toit sous lequel me protéger … Jusqu'à ce que je l’ai perdu à cause de la crise.

Un bon ami avait un taxi jaune, m'a donné une chance et depuis quinze jours je déambule par les rues et les routes pendant le jour et jusqu’ au moment où la lune me fait un clin d'oeil et je sais qu'il est temps d'aller dormir. Alors je me rends à la place principale d'un village perdu. Je me gare près de l'olivier millénaire, qui n’est pas un olivier sauvage,  celui qui est en face de la fontaine du cerf, et au pied de l'arbre, entre ses racines, je place  mon sac de couchage et je m'y introduis, en prenant dans mes bras l'ours en peluche qu'un enfant a oublié dans le taxi et je m'abandonne.

Parfois  une olive me tombe dessus et  me fait enfoncer mes pensées dans cette source de richesse et d'alimentation , de sagesse et de paix. Je me distrais dans la recherche de ses origines et pense aux phéniciens, aux juifs, aux grecs, aux romains, et à tant autres civilisations… Qui est-ce qui aura planté l'ombre qui m’abrite maintenant?

À l'aube, pour n’être vu de personne, je m'approche de la fontaine, regarde à droite et  gauche, et qu’il fasse  froid ou  chaud, j’enlève mes vêtements,  me lave et lave mes vêtements, et j’en mets de  propres.

Je suis le premier client de l’unique café de la place. La propriétaire me permet  de faire sécher mes vêtements sur la corde de sa cour, et pour un prix modique, elle me les repasse. Bien pliés, je garde mes habits dans une petite corbeille d’osier que je range dans le coffre à bagajes de mon véhicule.

Je reviens et là, sur une table carrée, recouverte d’une nappe en papier,  je prends mon petit déjeuner splendidement, au cas où  la journèe soit mauvaise,  accompagné par le roucoulement de la voix de l’aimable patronne, Je mange et je dîne dans n'importe quelle pension s'il y a un lieu.

A la fin  du mois, je garde les pourboires et les restes du salaire dans la caisse d’épargne qui se trouve sur la même place, et appuyé sur l’olivier, je rêve à l’idée d’ávoir un jour une chambre et un lito ù je puisse garder tous mes souvenirs. Ma vie s’écoule ainsi. Au moins, pour le moment…

Traducida por: 

María Ramírez Sánchez nació en Melilla y con 8 añitos se fue a vivir a Oujda, una ciudad del entonces protectorado francés del norte oriental de Marruecos, a muy pocos kilómetros de la frontera con Argelia. Con 21 años se vino a Madrid, donde ha trabajado haciendo traducciones francés-español hasta su jubilación, y donde ha formado una bonita familia de la que se siente muy orgullosa.

Un millón de gracias María.

Mi casa es…

Hace ya muchos, muchos años, cerca de sesenta, mi hogar era la cama de mis padres, me colaba en medio y era el niño más feliz acurrucándome entre ellos. Me dormía tras recibir un apretado beso de mi madre y un tirón de orejas de mi padre. Más tarde fueron los brazos de mi mujer, hasta que ella me apartó con desdén y se fue con otro. Yo no era fértil y ella anhelaba ser madre, comentó. Entonces me solacé con la almohada pensando que gracias a mi trabajo tenía un techo donde guarecerme…  Hasta que la crisis me lo quitó.

Un buen amigo, dueño de un taxi amarillo, me dio una oportunidad y desde hace quince días deambulo por calles y carreteras durante el día y justo en el momento en que la luna me hace un guiño, sé que es la hora de ir a dormir, por lo que tomo dirección a la Plaza Mayor de un escondido pueblo. Aparco junto al olivo milenario -que no acebuche-, el que está frente a la fuente del ciervo, y a los pies del árbol, entre sus raíces, extiendo mi saco de dormir, me introduzco en él, coloco a mi vera el osito de peluche que un niño se dejó en el taxi y me abandono.

Alguna que otra vez una aceituna cae y hace que hunda mis pensamientos en esa fuente de riqueza y alimento, de sabiduría y paz. Me distraigo en la búsqueda de sus orígenes y pienso en los fenicios, judíos, griegos, romanos, y tantos otros… ¿Quién plantaría la sombra que ahora me da albergue?

De madrugada para que nadie me vea, me acerco a la fuente, miro a derecha e izquierda, y haga frío o calor, me quito la ropa, me aseo y hago la colada, luego me visto con ropa limpia.

Soy el primer cliente del único café de la plaza. La dueña me permite que tienda mi ropa en la cuerda de su patio, y por un módico precio me la plancha. Bien doblada, la guardo en una canasta pequeña de mimbre que llevo en el maletero.

Regreso y allí, en una mesa cuadrada, cubierta con mantel de papel, al arrullo de la voz de la amable mesonera, desayuno opíparamente, por si se tuerce el día. Como y ceno en cualquier fonda si ha lugar.

A fin de mes guardo las propinas y las sobras del salario en la caja de ahorros que está en esta misma plaza, y recostado en el olivo, sueño con un cuarto y una cama donde quepan todos mis recuerdos. Así transcurre mi vida. De momento.  



© Marieta Alonso Más

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